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Les Nón
Les Nón (ou chapeau conique) ont une sossature
en bambou et sont recouverts de feuilles de latanier, genre de palmier très
abondant dans la moyenne région aux alentours de Phú Thọ, Vĩnh Phúc.
La fabrication des chapeaux coniques demande
beaucoup de travail minutieux: les arceaux de l’ossature doivent être polis à la
main et les jointures invisibles. Les feuilles doivent être réparties
régulièrement en forme de toit bien lisse, les coutures, régulières et les
noeuds des fils absolument imperciptibles comme si tout le chapeau avait été
confectionné avec un seul fil. Pendant la mise en place des feuilles, entre deux
couches, l’ouvrier peut mettre des décorations traditionnelles populaires,
parfois quelques vers, ces ornements discrets ne se voyant qu’en contre-jour.
C’est la variété non bai tho (chapeau conique avec poème). Parfois, le
fabriquant insère en plus au fond du cône du chapeau un petit miroir rond (pour
les coquettes!)

Au Vietnam, il y a de nombreux centres de
fabrication de non. Dans la province de Hà Tây, il y a le non du village Chuông
(district de Thanh Oai); à Hà Tĩnh, on a le non Kì Anh; à Quảng Bình, le non Ba
Don; à Thừa Thiên, c’est le nón Huế, tandis qu’à Bình Định, il y a le non Go
Gang. Parlant du village Chuông déjà cité, la chanson populaire dit:
Du bonne carpe si tu veux manger
Avec du riz blanc bien beau
Si tu veux be beaux chapeaux
Au village Chuong il faut aller.
A Hanoi, la “rue des Chapeaux Coniques” (Phố
Hàng Nón) était spécialisée dans la vente de ces articles.
En
dehors de leur utilisation comme protection contre la pluie et le soleil, avec
ses traditions culturelles souples et habiles, les Vietnamiens leur ont trouvé
d’autres emplois d’une manière éminemment inventive. Ne parlons pas de ceux qui
sont pourvus d’un petit miroir dont les coquettes ne sont pas privées de faire
largement usage pour se refaire une beauté de temps en temps, à l’occasion d’une
halte, à l’ombre d’un arbre où elles s’en servent aussi comme éventail. A un
point d’eau, il peut servir comme récipent pour puiser de l’eau et faire un brin
de toilette. Pour grand vent, c’est un écran efficace pour s’abriter et allumer
une cigarette. Se reposant à ciel ouvert, on le met sur la figure, il préserve
de la trop grande lumière sans étouffer. Les timides s’abritent derrière eux
quand elles se font trop taquiner par les garçons du coin. Quand on manque de
panier, on peut y mettre quelques menus cadeaux ou denrées alimentaires pour
les apporter chez soi. Et bien d’autres usages encore, dont celui de s’en servir
pour s’asseoir sur la terre par terre, n’est pas le moindre!Tout cela pour ne
pas parler de son utilisation la plus charmante: qu’y a-t-il de plus gracieux
que des yeux noirs et brillants, un sourire charmeur, une fossette sur la joue,
une nuque immaculée où volettent quelques brins de cheveux noirs, mi cachés, mi
visibles derrière le bord d’un de cas chapeaux coniques quji décidément
s’accordent à merveille à la femme vietnamienne, à cette culture pleine de
délicatesse et de discrétion…..
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